The Last Days of Bouthillier de Chavigny
Léon Bouthillier de Chavigny has died quite mysteriously in
two of my books (Richelieu and the Councillors..., and The
Fronde), and while this fact did not really affect the argument in either
case, it always troubled me that I really had little evidence about his last
days from my "state-paper" sources.
Known to Richelieu as "M. le Jeune," Chavigny remained totally
faithful to the Cardinal while serving as "go-between" for the government
and Gaston d'Orléans. Later Chavigny became a genuine friend of Mazarin's;
but in the Regency that friendship collapsed during the race for the
prime-ministership.
In Condé's and Gaston's duel for supreme power that developed
in 1650-52, Chavigny came down on Condé's side, probably after suffering
numerous moments of frustration over Gaston's hesitations and
tergiversations.
But being a partisan of Condé's was not easy, and only a short
time before Chavigny's death in 1652, some issue split Monsieur le Prince
from the former Secretary of State for war. Just what it was is of little
interest to me now, especially in the light of what Jansenist Saint-Beufve
wrote about Chavigny's death in a letter to another Jansenist , Saint-Amour
a letter that Patricia Ranum recently found in the BN while working
on something entirely different. A reference under Chavigny to ms. fr.17789
may appear in the BN catalogue, but if it does, for some reason I never read
it.
A profoundly interesting letter about beliefs concerning the influence
of politics on individual health, this document depicts an inheritance crisis
prompted by the religious crisis being experienced by a dying man.
Read on, dear reader, and decide for yourself whether or not the
Port-Royalists attempted to take advantage of a dying man! Chavigny was only
44 when he died.
Orest Ranum
Chavigny's death as recounted in Saint-Amour's correspondence
while in Rome, 1652, BN., ms. fr. 17789, fols. 48-49
From M. de Sainte-Beufve:
de Paris, ce 27 decembre 1652
Monsieur,
Nos adversaires ne sçauroient mieux faire connoistre leur foiblesse
qu'en produisant pour l'avantage de leur cause l'affaire de Mr
de Chavigny. A ce que je voy, leur medisance s'etend aussi hors de la France
et ils n'ont point de honte de debiter à Rome des calomnies les plus
noires qu'on puisse imaginer. Leur procedé m'oblige de vous en mander
tout le particulier. Je n'en avois rien fait jusques à cette heure,
ne pouvant pas m'imaginer qu'il y eust aucune connexion entre cette affaire
et la matière qui vous retient aux pieds du Pape. Vous sçaurés
donc qu'il y a quatre ans que Mr de Chavigny commencea à
penser plus serieusement à son salut qu'il n'avoit fait auparavant,
et en ce temps-là il fit un memoire de tous les biens et de la maniere
dont il[s] luy estoient venus, portant mesme son jugement avec trop de
severité sur quelques articles de ce memoire. L'ayant communiqué
à M. Singlin, M. de St Cyran et des docteurs, on jugea
avec luy qu'il devoit retrancher de son bien jusqu'à unze à
douze cent mil livres, pour la décharge de sa conscience. Il voulut
en commencer l'execution et en effet donna quelque somme considerable, fit
une fondation aux Incurables de huit mil escus en fonds, et autres choses
semblables. Mais, soit par l'embaras des affaires dans lesquelles il a esté
depuis ce temps-là, soit par l'apprehension que sa femme en decouvrist
quelque chose (de laquelle il se cachoit, ayant mesme fait la fondation aux
Incurables sous un nom emprunté, ce qui estant venu à sa
connoissance fust un [sic] occasion de bruit dans sa maison), soit
dans l'esperance qu'il avoit de la faire consentir un jour à se
[sic] retranchement, luy insinuant souvent qu'il faloit faire des
grandes aumosnes, et qu'il avoit dessein de bastir un hospital semblable
à celuy de Beaune: quoy qu'il en soit, il n'a executé cette
resolution que dans une tres petite partie. Le 1er jour d'octobre
dernier ayant eu grande prise avec Mr le Prince, lequel le traita
tres mal, il tomba malade d'une fievre tierce. Le jeudi suivant, 3 du mois,
il a un second accès. Incontinent il a eu pressentiment de sa mort,
et quoy que les medecins luy asseurent qu'il n'y a pas mesme ombre de peril,
il dit qu'il doit mourir de cette maladie, que les medecins se trompent et
que son mal n'est pas dans le sang, comme ils le persuadent, mais qu'il est
dans la teste. C'est ce qui le fait penser sa conscience; et pour cet effet
il envoie querir Mr du Gué Bagnols, maistre des Requestes,
son intime amy et auquel il avoit donné cognoissance des desirs que
Dieu luy avoit fait naistre de sa conversion et de tout ce qu'il avoit fait
ensuitte. Estant venu, il le conjure de luy procurer une visite de Mr
Singlin, duquel Dieu s'estoit servy et auquel [sic] il avoit
une particuliere confiance. Il luy ammeine le samedy. Il s'y confesse par
la permission de Mr de St Paul son curé le dimanche.
La nuit du dimanche au lundi il se leve de son lit, entre dans son cabinet
où il prend deux cent louys et des papiers. Mande dès le lmatin
du lundi Mr son curé, auquel il donne cent louys pour estre
distribués par luy aux pauvres. Mande Mr du Gué
Bagnols à qui il donne les autres cent louys à mesme fin. Mande
Mr Singlin à qui il dit qu'il a tiré ces papiers
de son cabinet, quels se montent à sept à huit cent livres,
qu'il le prie de les emporter pour les mettre entre les mains de Mr
du Gué afin qu'ils servent à l'execution de ce qu'il
a resolu dès y a 4 ans, à qui pour suppléer au reste,
qu'il faudra prendre de l'argent contant [sic] dans son cabinet. Mr
Singlin luy dit que rien ne presse, qu'il l'executera luy mesme quand
Dieu luy aura rendu sa santé; outre plus qu'il seroit à propos
(quand bien il l'en [?] devrat [?] emporter pour les deposer entre les mains
de Mr de Bagnols, qu'il en parlast à M[m]e sa
femme. Sa response est qu'on les emporte, que mort ou vif il n'en peut plus
entendre parler; qu'il en parlera à M[m]e sa femme apres
avoir communié. Sur cet instance elle entre: il se contente luy ayant
temoigné la joye de son coeur, de luy dire entre autres, qu'il luy
reste une chose qui regarde sa conscience, dont il luy parlera apres sa communion
et qu'il la prie de ne s'y point opposer. Le lundy apres midi il est visité
par Mr le Duc d'Orleans lequel l'espace de deux heures entieres
luy parle d'affaires. On veut le faire communier, et le mardy les medecins
l'empeschent, disant qu'il n'est pas malade pour communier par viatique,
et que les Remedes qu'ils ont à luy faire l'empechent de communier
à jeun. Le mercerdi, jour de St Denis, on veut le faire
communier. Les mesmes medecins disent qu'il est dans son accès, et
qu'il en sortira deux heures apres minuit, depuis laquelle heure jusques
à sept heures qu'on ne luy fera aucun remede, on pourra le communier.
On se raporte à leur advis: et à dix heures de ce soir-là
mesme, il tombe en letargie, de laquelle il ne revient point, meurt le vendredi
suivant. Aussitost apres sa mort Mr Singlin et Mr du
Gué, depositaires de ces papiers, deliberent de la maniere dont ils
ont à se comporter, et prenant advis a personnes d'intelligence et
de probité, ont fait differentes ouvertures, les uns estimant qu'il
faut s'exposer à un exploit, d'autres qu'il faut en donner advis Mr
le PP [Premier president] qui y a let plus grand interest à
cause qu'il est chef des hospitaux, y ayant une tres grande partie de ceste
somme qui doit estre employée pour le public. Un 3 avis prevalue,
lequel estoit de faire donner advis à M[m]e de Chavigny
et à Mr de St Paul, tant de ce depost que des
volontez du defunt. On prie Mr Goulas, secretaire des commandements
de Mr le duc d'Orleans, et non suspect, de porter cette parole
à M[m]e de Chavigny. Et Mr du Gué la
porte à Mr de St Paul. M[m]e de Chavigny
ne reçoit pas bien le discours, et fait entendre qu'elle n'est resolue
de souffrir ceste perte. Elle en communique. On luy dit que la Justice luy
sera favorable. Elle menasse qu'elle plaidera. On luy fait dire qu'on ne
veut point plaider mais qu'on veut faire ce qu'on doit en conscience. Les
amis communs proposent un arbitrage. Mrs Singlin et Du Gué
non seulement l'acceptent mais mesmes vont trouver Mr de
St Paul et le suppliant, au cas qu'on en vienne là, d'accepter
la qualité de surarbitre, laquelle ils luy deferent [?] en qualité
de curé du defunt, et de nommer les arbitres. Mr de Lamoignon
et moy sommes nommés par ces Mrs. Mrs les presidents
de Maison et de Tuboeuf par M[m]e de Chavigny. Cela paraissant
estrange que deux hommes de finances fussent arbitres dans une affaire de
conscience, on change de proposition, et M[m]e de Chavigny souhatte
que l'affaire soit examinée par des docteurs seulement. Elle nomme
Mr de St Roch de sa part; on me nomme de l'autre, et
Mr de St Paul surarbitre. Nous nous assemblons, le
foie [foi?] posé de part et d'autre, les papiers dont nous estions
saisis examinés, Mr Singlin et M[m]e Chavigny
entendus. Mon advis est que la veuve doit soufrir l'execution de la volonté
de son mari selon qu'elle luy a esté signifié[e] et
declaré[e] tant par Mr Goulas, que par Mrs Singlin
et Bagnols. Je ne suis pas suivy. L'advis qui prevault est qu'elle est
obligée à de grandes restitutions, que dès à
present elle doit donner cen mil livres et de plus examiner tous les biens
de la maison, veoir comme ils y sont venus et estimer ce qui ne sera pas
trouvé estre bien acquis. La resolution signée et signifiée
aux parties, dans laquelle on rend temoignage de la sincierité des
intentions et de la la conduite de Mr Singlin. Depuis l'on demande
un certificat comme quoy les cent mil livres sont données par elle
ensuite de nos advis. Je refuse de le donner à cause qu'on le vouloit
en des termes qui n'estoient pas raisonnables. On nous presse de nous assembler
pour faire la distribution de ces cent mille livres. Je represente qu'il
n'y a point à deliberer et qu'il faut avant toute autre chose que
les deniers appartenans aux particuliers leurs soient restitutés.
Je demande à Mr Singlin, en presence de ces Mrs,
s'il n'y a pas des particuliers interessés? Il repond qu'ouy et dit
qu'il y en a un qui a l'obligation de restituer sept mil pistoles. Cela surpend
la compagnie. On se leve sans deliberer. Depuis j'apprens que
M[m]e de Chavigny a distribué les cent mil livres à
des hospitaux. Voilà au vray la chose comme elle s'est passée.
Vous voyez par ce recit que ny Port Royal n'a profité d'un teston,
ny qu'il n'en pouvoit profiter, puisque c'estoit une somme qui devoit estre
employée pour restitution tant aux particuliers qu'au public. Il est
bon que vous sçachés que [fol 49:] l'on n'a pas plustost
comencé d'arbitrer qu'aussitost Mrs Singlin et Du Gué
ont esté se desaisir des papiers entre les mains de Mr
de St Paul sousarbitre, et qu'il luy ont fait entendre qu'ils
dechargeroient leur conscience sur la nostre, en nou les remettans pour en
disposer selon que nous jugerions à propos. Comme aussy il est encores
bon que vous sachiés quelles [sic] estoient ces papiers. Il
y en avoit trois sortes. Les uns estoient promesses en blanc, et partant
qu'il estoit aisé de remplir de tel nom qu'on eust voulu. Les autres
estoient payables au porteur. Et les derniers estoient payables à
Mr de Chavigny nomination. Je vous laisse apres cela à
juger si [?] nos adversaires ont raison de parler comme ils font. |