A Funeral Oration for Mme de Guise
Petite-fille de France
But first, the inscription on the "Lame de Cuivre qui est sur le cercueil
de Made la Duchesse de Guise:
"C'est le corps de très Haute et Puissant Princesse Élisabeth
d'Orléans, femme de feu Haut et Puissant Prince Louis Joseph de Lorraine,
Duc de Guise, laquelle est décédée au Chasteau de Versailles
le 17 mars 1696 agée de 49 ans, 8 mois. Requiescat in Pace." Les
armes sont au-dessus."
Source: Mémoires de Dubuisson, (a collection of death, birth
and marriage announcements), BN, ms. fr. 32832, p. 87.
The Eulogy
Source: excerpts from BN, ms. Clairambault 1100, fols. 157 ff, by
M. Mareschaulx, chanoine de Chartres, given at the cathedral of Chartres
on May 12, 1696. (Shown in bold type: statements related to my presentation
of the "regular" life of Mme de Guise and Mlle de Guise. Explanatory information
has been added in smaller print, within square brackets.)
Note: Virtually all the information I have quoted
is confirmed by highly reliable sources, among them the Florentine agents
in Paris.
"Elle étoit pleine de bonnes uvres et des aumônes qu'elle
faisoit." (Apostles 9)
"Si Madame de Guise, par un malheur trop ordinaire aux personnes de son rang,
s'étoit livré au monde et à ses plaisirs, je me contenterois
de gémir en secret pour elle, et de faire quelques prières
comme en tremblant et toujours avec crainte qu'elles ne fussent foret inutiles
pour son salut. ..."
She was very young when "Dieu ... la fit enterer dans une de ces Maisons
[the convent founded by her mother at Charonne] où
le Ciel répand ses plus saintes et plus favorables influences. Ce
fut là que parmi les fidèles Epouses de Jésus Christ,
Élisabeth [d'Orléans] apprit dès l'enfance
à le connoître et à l'adorer. Ce fut là qu'elle
se vit heureusement à couvert de l'air contagieux du grand monde,
et de ces dangers mêmes domestiques où les enfans des princes
sont exposez, par la fréquentation de ces personnes toutes
séculaires qui ont l'honneur de les approcher, et qui sous prétexte
de les servir, leur font souvent un tot irréparable, en leur faisant
connoître et aimer le mal. ...
"Elle embrassa une sainte règle de vie; elle s'assujetit à
des pratiques de piété, qu'elle a toujours depuis inviolablement
observées. ...
"On luy choisit un Époux [Louis Joseph de Lorraine, Duc de
Guise], en qui la beauté, le courage, les grands biens, la
haute naissance sembloient conspirer à l'envi pour se faire un sujet
qui fût digne d'elle." Indeed, as a petite-fille de France, she might
have worn a crown, but she preferred to remain in France. [It is not
so clear that her family preferred this, for in the early 1660s the humpbacked
princess was being proposed as the bride of Cosimo III de Medici, but her
more attractive sister was preferred.]
"Qui ne sçait, Messieurs, quelle a été la grandeur de
l'illustre maison de Guise; de cette Maison, qui sortit de celle de Lorraine,
ne cedoit en ancienneté qu'à la seule Maison de France? M.
le Duc de Guise en soutenoit alors toute la splendeur; et et se contentant
d'aspirer à des honneurs légitimes, lui donnoit par sa
modération [especially when compared to his immediate predecessor
and uncle, the all-to-baroque and profligate Duke Henri] un nouveau
lustre, et la couvroit d'une gloire, peut-être moins éclatante,
mais plus solide, que celle qu'elle avoit eue autrefois; lorsque si féconde
en Héros, si puissante par ses alliances, et au-dedans et au-dehors
du Royaume, si aimée, si adorée même des peuples; elle
remplissoit toute la terre du bruit de son nom, et se rendoit si redoutable,
même à ses MAITRES" [an allusion to Mlle de Guise's
grandfather, the Balafré, "executed"/assassinated by royal order during
the League]. ...
"M. le Duc de Guise fut attaqué de cette espèce de maladie
[smallpox], qui se communicant par la contagion, et qui causant
ordinairement la perte de la beauté, si elle ne cause celle de la
vie, est plus que toutes les autres apprehendée des jeunes personnes.
Qui auroit pû blâmer la Princesse, si se laissant entraîner
par sa frayeur, et se reposant sur le zèle des Officiers de sa Maison,
elle se fut précautionnée contre le péril par une prompte
retraite?
"Mais c'est ici que vous allez voir un grand exemple de tendresse et de
fidélité. Cette femme forte [cf: the Gallerie
des Femmes fortes, by Le Moyne, S.J. (Paris, 1661), dedicated to her
paternal grandmother, Anne of Austria which discusses both Judith
and Esther, subjects of two of the oratorios Charpentier wrote for the Guise
women] se résout à tout ce qui peut lui arriver de
plus fâcheux. Elle se dévoue à la conservation d'une
vie qui luy est plus chère que la sienne. Elle sacrifie à son
Époux une beauté, dont elle n'a jamais pris soin que pour luy
plaire. [This is hagiography: Mme de Guise was not beautiful; she
ran no risk of ruining her "beauty" by smallpox, for she had contracted a
rather mild case in her childhood.] Son attachement plus fort que
la mort, ne laisse plus dans son cur de lieu à la crainte. Tout
le monde tremble pour elle à la vue du péril auquel elle s'expose:
Elle seul ne tremble pas. Elle s'arrache d'entre les mains d'une Mère
[Marguerite de Lorraine, Dowager Duchess of Orléans],
qui fait en vain tous ses efforts pour la retenir. Elle paroît oublier
tout ce qu'elle a d'ailleurs de plus cher; cet Enfant même si
précieux [her infant son, François Joseph, Duke of
Alençon], qui lui coûta depuis tant de larmes; et uniquement
occupée de la maladie de son Époux, elle se renferma pendant
quatorze jours auprès de luy, sans perdre un moment de vue ce triste
objet de son inquiétude et de sa douleur." But the Duke of Guise died.
"Elle versa d'abord des torrens de larmes; ... mais la foy, la raison
essuyèrent bientost ses pleurs. La solitude [of the
abbey of Montmartre] fut son azile. Ce fut là qu'au pied des
Autels elle répandit toute l'amertume de son âme dans le sein
de son Père céleste. Elle y receut de solides consolations;
et jamais elle n'eût abandonné ce lieu saint et rempli de tant
de douceur pour elle, si la tendresse et la piété maternelle
ne l'eut forcée de retourner dans le monde. Elle y retrouva cet aimable
Enfant, ce reste précieux d'une Maison [the House of Guise]
si illustre, et unique héritier de la gloire de tant de
Héros, cette vivante Image de son Père et de ses Ayeux. Que
ne pouvoit-elle point raisonnablement attendre de ce jeune Prince, qui
formé du Sang Royal de Bourbon [he was the great- grandson
of Henri IV] et de celuy de Lorraine, faisoit espérer de si
grandes choses? Elle se le représentoit par avance réunissant
toutes les vertus de ses Pères; pieux, libéral, magnifique,
généreux, humain, populaire, vaillant, intrépide,
victorieux, fidèle enfin et à sa Religion et à son Roy.Ce
fut alors, qu'...elle regarda comme son unique affaire l'obligation de travailler
à son propre salut, en donnant une sainte éducation à
ce Prince." [To instill these same virtues in the children of nobles
and parlementaires, Mme de Guise oversaw the foundation of the Academy of
the Enfant Jésus shortly after her son's death. I plan to write a
Musing about this establishment.]
But .... "une funeste langueur attaque le jeune duc de Guise
[the
child never went by that title!], et le consumant peu à peu,
le conduisit au tombeau. [At four and one-half years of age, little
Alençon could still not walk unaided.] ... Seure qu'elle toit
de retrouver dans la solitude une souce inépuisable de consolation,
elle y retourna [à Montmartre], où elle
y retomba comme dans son centre [de consolation].
"Quelle violence ne falut-il point pour l'arracher encore une fois de ce
lieu de tranquilité et de repos qui luy étoit comme naturel?
Et sans les conseils, que dis-je?, sans les prières,
sans les ordres
même d'une grande Reine [Marie Thérèse, the
consort of Louis XIV], n'y seroit-t'elle pas toûjours
demeujrée? Mais tel a été le sort de notre Princesse,
de désirer toujours la retraite et de n'être jamais en état
de contenter ses désirs. Outre le caractère d'autorité
qu'elle ne pû se dispenser de respecter en celle qui la demandoit,
une pieuse et sainte amitié avoit collé les âmes de ces
deux princesses; ... en sorte que Madame de Guise reparoissant à la
Cour, malgré toutes ses répugnances, obligeoit tout ensemble
son amie et obéissoit à sa Souveraine [who were, of
course, one in the same].
"Ne pensez-pas néanmoins, Messieurs, que la Reine l'ait appellée
pour sa seule satisfaction, et seulement pour jouir comme auparavant des
douceurs d'une conversation aussi agréable que luy étoit celle
de la Princesse [de Guise]. Un plus noble intérest la faisoit agir.
Il s'étoit fait entre-elles comme une louable conspiration pour
autoriser dans leur siècle la piété par leur exemple,
et la sage Reine ne voulut pas enfouir dans la retraite d'un Cloistre [probably
the Grand Carmel] un mérite aussi éclatant et aussi propre
pour son dessein qu'étoit celuy de la Princesse. Elle ne fut point
trompée dans ses espérances. Madame de Guise, qui jusqu'alors
remplissoit avec tant de fidélité tous les devoirs de son
état, s'étoit montrée si pieuse en un lieu [la Cour]
où la piété est si rare, si modeste dans les grandeurs,
si modéré dans les plaisirs, si constante et si
généreuse dans la douleur, si bonne Épouse, si tendre
Mère, continua de se signaler par l'amour des mêmes vertus et
des autres pratiques du Christianisme, qu'on peut attendre de son sexe dans
une sage et austère viduité. ...
"Au milieu d'une Cour superbe et tumultueuse, elle s'étoit fait ...
un lieu consacré au silence et à la prière. C'étoit
là qu'elle se retiroit avec une extrême ponctualité
à certaines heures. ... De là luy venoit cette force qui
a toûjours soûtenue en un lieu où les chûtes
sont si fréquentes; de là cette modestie qui la contentoit
dans les bornes d'une parfaite et même une scrupuleuse bienséance:
de là ce mépris qu'elle eut pour le monde, toute environnée
qu'elle étoit de ses vanitez et de ses pompes: de là enfin
cette source de bons exemples, qui comme une odeur précieuse [by
implication, an odeur de sainteté?] se répandit
dans toute la suite de sa vie.
"... Fille de Saint Louis, elle avoit hérité de ses sentimens.
Dieu seul paroissoit grand et digne d'honneur à ses yeux; pendant
que pénétrée de son propre néant, elle ne pouvoit
souffrir, qu'avec une extrême répugnance, qu'on luy rendît
les honneurs dûs à son rang et à sa naissance. Combien
de fois les a-t'elle évitez par d'innocents stratagèmes, que
son humilité ingénieuses luy fornissoit? Combien de fois ne
pouvant absolument s'en deffendre, les a-t'elle reçus avec un visage
comme indigné? Elle a persévéré dans ces maximes
jusqu'à la fin. Elle a voulu les porter, pour ainsi dire, dans le
tombeau; préférant à la pompe des funérailles
d'une glorieuse Princesse, l'humble simplicité des Obsèques
d'une fille de Sainte Thérèse. [As she wished, she was
buried in the habit of a Carmelite, without lying in state and without any
pomp: so it is unlikely that Charpentier composed anything for her
burial.]
"Madame de Guise, demeurée veuve à l'âge de vingt-quatre
ans, renferma toute sa tendresse dans le tombeau de son Époux, incapable
d'entendre à jamais de nouveaux engagemens. [This assertion
is contradicted by diplomatic gossip that, circa 1674, she was vying for
the hand of James II of England but lost out to Mary of Modena, whose
pious activities I cite in my Musing on the "regular" life!] On pourroit
ajouter qu'elle s'étoit rendue si respectable par sa modestie, que
sa réputation fut toujours hors d'atteinte et toûjours à
l'épreuve des traits les plus envenimez de la calomnie: que ceux
mêmes qui quelquefois par une malice sortie de l'enfer essayent de
rendre leurs fautes plus excusables en semant des soupçons injurieux
entre les personnes irréprochables, n'osèrent jamais l'attaquer."
She ruled her household well and saw to their piety; she cared for the people
of her terres and gave them alms. "Rien ne consola tant Madame de
Guise après la perte si douleureuse de son Fils, que de se voir en
liberté de mettre sa charité comme au large, et de contenter
pleinement cette inclination ou pour mieux dire cette passion qu'elle ressentoit
de faire du bien. À l'avenir, disoit-elle, les pauvres seront
mes enf ans. ... Rien n'égaloit la joye qu'elle avoit faire
l'aumône." She willed her house at Alençon to be used as a house
for the poor. And she would occasionally ask Louis XIV to contribute money
to her charities, when her own did not suffice. [In a parallel vein,
she hoped, but in vain, that the Grand Duke of Tuscany, her brother-in-law,
would send huge shipments of medicine to be used by the sick throughout
Paris!]
This eulogy is very similar to the one presented at the Hôpital
of Alençon by the Capucin, Jérothée de Mortagne, May
11, 1696 (BN, Ln27 9433). But here are a few statements from Father
Jérothée that do not appear in the above eulogy but that shed
light on Mme de Guise as a person or reinforce the principal points I have
made about her in my Musing on the "regular" life:
"Disciple soumise, Fille prudente, elle écoute attentivement les
leçons d'une vertueuse Mère [Marguerite de
Lorraine], elle apprend d'elle a n'estimer la grandeur que parce
qu'elle offre aux Princes les moyens de rendre à Dieu de plus grands
hommages et de donner aux Hommes de plus grands exemples. ... Arrivoit-il
quelque fois qu'on la felicitât, ou sur les avantages qu'elle avoit
droit d'espérer, ou sur l'alliance considérable qu'elle pouvoit
se promettre en qualité de Petite Fille de France: Mon bonheur,
répondoit-elle, est de servir Dieu, je suis d'une maison
Très-Chrétienne, c'est de ma Religion que dépend toute
ma gloire. ...
"À l'exemple de la Femme forte elle comblat le bonheur et la
gloire de son Époux. Elle descendit [from her high social rank]
pour l'élever, mais elle fût grande en s'abaissant,
et comme elle sçavoit qu'elle ne devoit qu'à Dieu la gloire
sublime dont il l'avoit revêtue, elle sçût aussi la
communiquer à son Époux sans être obligée de s'en
dépouiller elle-même."
"Elle soutint les intérests de Dieu par une vie réglée
et édifiante."
"Notre Princesse s'attacha à
[la Reine] ... elle
étudia ses sentimens, elle se forma sur sa conduite. Si la Reine
faisoit quelque partie de dévotion, la Princesse y étoit
appellée, et partageoit avec elle l'exécution et le mérite
de ses bonnes uvres. ... Thérèse alloit auprès
des Autels. ... Élisabeth offroit à son exemple tout l'éclat
qui en rejalissoit [sic] sur elle. L'une étoit regardée
comme l'ornement de sa Religion, le bonheur de son Peuple, le modèle
des Reines. L'autre ... étoit la copie la plus achevée de ce
modèle."
Following her husband's death "elle commença d'exécuter" her
rejection of worldly pleasure, ...[et de] s'interdire les
plaisirs de la cour, renoncer aux spectacles, retrancher ses Pages, penser
à la retraite, quitter les habits magnifiques, vendre ses
bijoux." [Multiple sources nonetheless show her attending court
functions, so her "renunciation of theatrical spectacles" appears to have
involved the Parisian theaters, the opera at the Palais Royal, the Foire
Saint-Germain, and so forth.]
"On l'a vue, ... on l'a surprise prosternée devant son Oratoire, le
visage contre terre, les yeux baignez de larmes, faisant un hommage sincère
de tout ce qu'elle était ...." Knowing that princes and princesses
have religious obligations "parce qu'ils sont des protecteurs nez,"
she was careful to "régler sa maison en y faisant fleurir la
vertu. ... Elle n'y voulut admettre que des sujets qui fussent propres
à recevoir les impressions de sa piété [so we
can surmise that Charpentier was deemed "capable of being influenced by her
piety]; sa Cour imitoit ses exemples. ... Une noble simplicité
faisoit l'ornement de la sienne [maison/Cour]; elle en bannit
l'oisiveté par un travail honnête et presque continuel,
l'ignorance des véritez Chrétienne par les lectures spirituelles,
qui s'y faisoient chaque jour [and by Charpentier's music?],
l'indifférence pour les Pauvres par les services qu'elle leur fit
rendre par tous ceux qui avoit l'honneur de l'approcher [including,
surely, Charpentier!] et qui étoient comme les dignes instrumens
de sa charité."
She created monthly charitable assemblies. She often "hid" among the
nuns in cloisters and "se conformoit dans l'esprit de leur état
dont elle même étoit animée." She converted many
Huguenots, "par tous les artifices innocens que son zèle fut capable
de lui suggérer."
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