Panat in postcardThe Ranums'

Panat Times

Volume 1, redone Dec. 2014

Contents

Volume 1

Panat

Orest's Pages

Patricia's Musings

Marc-Antoine

Charpentier

Musical Rhetoric

Transcribed Sources


 

The fifth group of secretaries

Abel Servien; François Sublet des Noyers; Louis Phélyppeaux de la Vrillière; Michel Le Tellier; Henri-Auguste de Loménie de Brienne

For the contents of the different sections, see the Introduction to this transcription

This file reproduces folios 128-144 of Ms. Fr. 18236; and folios 508-513 verso of manuscript Cinq Cents Colbert 136

Servien (35)

Abel Servien fut faict secretaire d'estat en l'année ......... apres le deceds du sieur Le Beauclerc.

Il estoit de Dauphiné pres Grenoble et avoit esté premierement Conseiller au parlement de Grenoble puis procureur general au mesme parlement. En [128v] l'annee 1624 le premier jour d'avril il fut pourveu de la charge de maistre des requestes au lieu de Felix de la Croix sieur de Chevrieres en laquelle il eut plusieurs emplois honorables, et fut envoyé intendent de justice en Italie ou il servit tres utilement et avec l'approbation generale.

Il faisoit profession d'amitié tres estroitte avec Monsieur de Toiras qui estoit dans Cazal et a qui on ne vouloit pas de bien a la Cour, L'on l'advertit (quelques uns disent que ce fut Monsieur de Chasteauneuf qui avoit une affection particuliere pour luy) que cette amittie luy pourroit nuire. Ce fut pourquoy il vescut avec Monsieur de Toiras plus froidement qu'il n'avoit faict auparavant, et fit en sorte par son habile negotiation qu'il sortit de Casal ou il avoit resolut de se maintenir.

Monsieur Servien estant de retour a Paris fit sa cour avec beaucoup [129] d'adresse et d'agreement ayant tousjours Monsieur de Chasteauneuf pour protecteur lequel l'insinua peu a peu dans l'esprit du Cardinal de Richelieu et le fit gratiffier de la charge de premier president du parlement de Bordeaux ainsi s'estant deffait de sa charge de Maistre des Requestes en faveur de Jacques Diel sieur de Miromesnil qui en fut pourveu le 19 jour d'aoust 1631, il se preparoit pour aller a Bordeaux quand le hasard le fit choisir pour estre secretaire d'estat sans aucune premeditation de ceux qui gouvernoient l'estat, et sans qu'il luy fust jamais venu en la pensee de pouvoir obtenir cet emploi entierement different de celuy auquel il avoit esté destiné.

Ce qui se fist de cette facon.

Le sieur de Beauclerc estant decedé, l'advis en fut incontinent porté a Monsieur le Cardinal de Richelieu [129v] a Ruel qui n'avoit point receu (36) celuy qu'il pourroit mettre en sa place. Il vint trouver Monsieur le garde des sceaux de Chasteauneuf qui estoit aussi a Ruel et tenoit le seau en sa maison et l'ayant faict lever, ils s'enfermerent tous deux en la chambre dudit sieur de Chasteauneuf pres du feu, ou Monsieur le Cardinal luy apprit la nouvelle du deceds du sieur le Beauclerc et luy demenda celuy auquel il estimoit que l'on eust (37) confier son employ. Monsieur le garde des sceaux proposa Monsieur de Flexcelles president des Comptes qui avoit auparavant esté longtemps secretaire du Conseil a condition de bailler ii c[ent] m[ille] lt de recompense a Monsieur de Puisieux et xL m[ille] escus aux heritiers de Monsieur le Beauclerc. Monsieur le Cardinal ayant agreé Monsieur de Flexcelles et les conditions, Monsieur de Chasteauneuf le manda et luy dit q'il l'avoit nommé et fait agreer par Monsieur le Cardinal pour estre secretaire [130] d'estat en baillant recompense au sieur de Puisieux et aux enfans dudit sieur le Beauclerc, Monsieur de Flexcelles estimant que sa suffisance meritoit cest emploi sans estre obligé de l'acheter ny bailler une recompense si grande, insista autant qu'il luy fut possible pour ne point mettre la main a la bourse, a quoy Monsieur le garde des seaux luy ayant faict voir qu'il n'y avoit point d'apparence, il demanda quelque temps pour en conferer avec sa famille, et revint a Paris ou il divulga la proposition qui luy avoit esté faicte en sorte que ses amis luy en firent les complimens, qu'il receut. Le bruit s'en espandit si avant qu'il vint jusques a Monsieur le Prince lequel estant allé a sainct Germain ou estoit le Roy il luy apprit la nouvelle que Monsieur de Flexcelles estoit secretaire d'estat dont il n'avoit point encores ouy parler de quoy depité il attendit que cette mesme apresdisnee en laquelle Monsieur [130v] le Prince luy avoit fait ce rapport Monsieur le Cardinal et Monsieur le garde des seaux fussent venus le trouver, estans entres ensemble en sa chambre il leur dit que l'on luy venoit d'apprendre que Monsieur de Flexcelles estoit secretaire d'estat d'un ton de voix qui faisoit connoistre que ce choix sans son sceu ne luy plaisoit aucunement. Monsieur le Cardinal et Monsieur de Chasteauneuf surpris de ce discours nierent absolument que cela fust vray et firent passer ce que Monsieur le Prince avoit dit comme un bruit de ville sans fondement. Cependant ne voyans plus aucune apparence de parler de Monsieur de Flexcelles qui s'estoit luy mesme mis hors d'estat d'estre dans l'employ qu'ils luy avoient procuré ils se trouverent en la mesme peine qu'ils avoient esté lors qu'ils receurent la nouvelle du deceds du sieur le Beauclerc.

Par hazard Monsieur de Servien [131] pourveu de la charge de Premier president au parlement de Bordeaux prest a partir pour aller se faire recevoir, vint prier Monsieur le Cardinal de faire accorder a Monsieur de Pontac les provisions de l'office de president au parlement de Bordeaux que Monsieur de Chasteauneuf avoit refusé a cause qu'il n'avoit pas l'age. Monsieur le Cardinal luy fit accorder sa demande par Monsieur de Chasteauneuf affin que l'obligation que luy auroit Monsieur de Pontac luy servist pour s'establir avec plus de facilité a Bordeaux. Comme Monsieur Servien se retiroit Monsieur de Chasteauneuf parlant a Monsieur le Cardinal de Monsieur Servien qui estoit venu faire son compliment en habit long, luy dit, voila un homme pour estre secretaire d'estat s'il n'avoit point la robbe longue. Monsieur le Cardinal ayant pensé a cette ouverture l'approuva et fit [131v] dire a Monsieur Servien qu'il allast trouver Monsieur de Chasteauneuf ce qu'ayant fait Monsieur de Chasteauneuf luy dit, qu'il l'avoit proposé pour estre secretaire d'estat au lieu du sieur le Beauclerc, que Monsieur le Cardinal l'avoit agree, mais qu'estant son amy, s'il luy demandoit son avis il ne luy conseilleroit jamais de quitter sa robbe et une charge honorable de premier president qui ne luy coustoit rien pour prendre celle de secretaire d'estat de laquelle il falloit bailler ii c[ent] m[ille] lt a Monsieur de Puisieux et xL m[ille] lt aux enfans du sieur le Beauclerc dans l'incertitude en laquelle estoient lors les affaires d'estat par la retraitte de la Reyne mere qui negotioit son retour, qu'il scavoit bien qu'il n'avoit pas le moyen de payer seul des sommes si considerables, et qu'il seroit obligé non seullement de hazarder tout le sien mais encores celuy de [132] ses amis, et qu'il y pensast avant que de rien resoudre.

Monsieur de Servien ne fist pas comme Monsieur de Flexcelles Il ne demanda point de terme pour deliberer, mais ayant accepte l'office (38) qui luy estoit faitte, il resoulut de quitter la robbe et la charge de premier president de Bordeaux puis ayant esté agreé du Roy il paya xL m[ille] lt aux enfans du sieur le Beauclerc et bailla a Monsieur de Chasteauneuf une promesse de ii c[ent] m[ille] lt au profit de Monsieur de Puisieux a qui on demanda la demission qu'il ne voulust jamais donner de l'advis de sa femme et du commendeur de Valancay son frere, quoy que outre la recompense de ii c[ent] m[ille] lt et que estoit de L m[ille] lt plus qu'il ne lui avoit esté accordé par son Brevet l'on proposast de luy donner sceance au Conseil des despesches. La promesse de Monsieur Servien estoit [132v] encores entre les mains de Monsieur de Chasteauneuf lors de sa disgrace, durant laquelle Monsieur de Puisieux estant decedé sa veufve et ses enfans ont touché ii c[ent] m[ille] lt des deniers de l'espargne, la promesse de Monsieur Servien luy ayant esté rendue sans avoir payé aucune choze.

Ceux du petit coucher tournerent en raillerie l'esperance que Monsieur de Flexcelles avoit eue et en firent des vers qu'ils chanterent devant le roy qui commencent

Maistre Jean que de tout se mesle

Plusieurs personnes voyans qu'au petit coucher traittoient mal Monsieur de Flexcelles s'imaginerent qu'il y avoit du dessein et que leur interest les y portoit, ils soupconnerent que [133] Monsieur Ardier avoit donné de l'argent a quelques uns d'entreux pour se faire proposer affin que le Roy le nommast a Monsieur le Cardinal pour estre secretaire d'estat, a quoy il y a si peu d'apparence que je n'estime pas que l'on doive si arrester.

Plusieurs mesmes ont cru que des que la Mort de Monsieur Beauclerc fut sceue on penca a Monsieur Servien, aquis quelque creance dans l'esprit de Monsieur le Cardinal de Richelieu et quelque part, et que tout ce qui se passa de Monsr de Flexelles n'estoit qu'un jeu pour faire tomber le choix sur luy plus doucement. (39)

Les provisions de Monsieur Servien sont du .......... et le serment presté entre les mains du Roy du ...............

Il exerca la charge de secretaire d'estat avec beaucoup de generosité et de suffisence qui furent cause de sa disgrace, laquelle arriva en cette sorte.

Monsieur Servien ayant acquis beaucoup de creance dans l'esprit de Monsieur le Cardinal de Richelieu et quelque part en ses bonnes graces, n'oublioit aucune marque de deference [133v] et de soubmission, de soins et de complaisance pour s'en conserver la pocession et tacher a l'accroistre, si quelque depesche luy estoit commandee par son Eminence, il la faisoit avec soin et diligence s'enfrermant mesmes fort souvent pour n'estre diverti par les visittes ou par les autres affaires qui l'eussent peu empescher et le faire estimer paresseux.

Comme il est impossible (40) de contenter tout le monde en un employ de si grande estendue qu'estoit celuy de Monsieur Servien, ceux qui n'avoyent pas la satisfaction de luy telle qu'ils la souhaittoient interpreterent ses retraittes en mauvaise part, et l'accuserent de consommer a son divertissement le temps qu'ils (41) devoit aux affaires a cause que se plaisant fort a la musique, il demeuroit souvent en son cabinet avec Mademoiselle Vincent qui avoit la voix excellente [134] et chantoit parfaittement.

Monsieur le Cardinal se contenant fort des soins de Monsieur Servien, luy en donnoit des louanges publiques, ce qui commenca a donner de l'ombrage a Monsieur de Chavigni, dont l'age plus enclin aux divertissemens qu'au travail faisoit qu'il si mettoit avec repugnance et le plus tard qu'il pouvoit, il se depitoit lors que Monsieur le Cardinal qui l'aimoit tendrement lui demandoit compte de quelque depesche qu'il avoit ordonnee, et quelle ne se trouvoit pas faitte, et luy disoit pour l'inciter a faire une autrefois mieux son devoir, et bien, et bien, il faut dire a Monsieur Servien qu'il la face. Il la fera bien et promptement. Cette jalousie fit penser Monsieur de Chavigni aux moyens de nuire a Monsieur Servien, Monsieur de Senetaire (42) et autres amis de Monsieur de Chavigni proposerent de luy mettre [134v] en teste Monsieur de Bulion surintendant des finances qui estoit aussi des amis de Monsieur de Chavigni. Il ni avoit personne qui peust mieux chocquer Monsieur Servien que luy d'autant qu'ayant le departement de la guerre, il pouvoit rencontrer un infinité de sujets de le quereller. Monsieur de Bulion accepta le partit et ne perdit plus d'occasions de luy contredire et s'opposer a ce qu'il entreprenoit, jusques la qu'un jour, estans tous a la promenade of Monsieur le Cardinal, et estans tombes sur le propos des deniers revenans bon des monstres pour la disposition desquels Messieurs Servien et de Bulion estoient en different, Monsieur de Bulion s'approchant de Monsieur le Cardinal luy dit d'un ton de voix elevé, Monsieur voila Monsieur Servien qui me querelle encore, il ny a plus moyen de durer avec luy, pour moy je n'en peus plus souffrir, il faut qu'il plaist a vostre [135] Eminence qu'elle face de deux choses l'une, ou un autre surintendant, ou un autre secretaire d'estat pour la guerre. Ensuitte de ce grand esclaircissement si public, tous ceux de la caballe de Monsieur de Chavigni ne manquerent pas a dresser de fortes batteries, pour ruiner la fortune de Monsieur Servien. Ils eurent beaucoup de peine a gagner l'esprit de Monsieur le Cardinal lequel enfin se laisse aller et abandonna Monsieur Servien pour contenter Monsieur de Chavigni et conserver Monsieur de Bulion ayant besoin d'un surintendant comme luy, en mesme temps qu'il en eut donné quelque tesmoignage tout le monde prit la liberté mesme au petit coucher du Roy de mesdire de Monsieur Servien, et de faire des contes de ses amours avec la femme de Vincent le musicien, ensorte que le Roy qui avoit de l'aversion pour luy l'augmenta tousjours de plus [135v] en plus et fut preparé a la disgracier. Boisrobert fit des vers de raillerie des amours de Monsieur Servien de quoy s'estant picqué l'ayant rencontré dans la garderobbe de son Eminence il luy dit avec quelque esmotion qu'il estoit poete et medisant, et que ces sortes de gens la s'attiroient quelques fois des orages qui n'estoient pas poetiques, Boisrobert qui savoit le declin de la faveur de Monsieur Servien et le plaisir qu'il feroit a Monsieur de Chavigni qui estoit dans la chambre de Monsieur le Cardinal y entra tout eschauffé, et avec son ton de voix et ses gestes pathetiques, (43) demanda a Monsieur le Cardinal justice des menaces de Monsieur Servien, disant qu'il n'estoit pas en seurté de sa vie, que la garderobbe de son Eminence n'estoit pas un azile pour ses domestiques, et mille autres choses de cette sorte la. Monsieur le Cardinal prenant pretexte sur cette [136] rencontre envoya incontinent au roy qui donna ordre a l'instant mesme pour dire a Monsieur Servien qu'il se retirast en sa maison de Touraine, comme il fit, et qu'il donnast sa demission dans certain temps, cepandant et sans attendre la demission Monsieur Desnoyers fut pourveu de la charge de secretaire d'estat, dont le Roy promit cent mil escus de recompense a Monsieur Servien, et luy en fit payer quatre vingts mil des deniers de l'espargne, les autres vingt mil escus ne luy ont esté payées qu'en l'année 1645 par Monsieur le Tellier apres le deceds de Monsieur Desnoyers.

La plainte que fit Boisrobert ne fut qu'en apparence et non pas veritablement le pretexte pour lequel Monsieur Servien eut commandement de se retirer sa perte ayant esté auparavant resolue pour la permiere occasion qui se presenteroit, et par ce [136v] que celle cy fut la premiere et quelle paroissoit plausible on s'en servit. Cela parut quelque temps apres, en une rencontre particuliere, Monsieur de Seures [or: Sevres?] mareschal des logis des camps et armees n'ayant pas exempté de logemens de gens de guerre l'abbaye de Chastillon sur Seyne a la priere de Boisrobert qui en est abbé, Boisrobert eut l'indiscretion et l'audace de luy dire qu'il devoit songer a ce qui estoit arrivé a Monsieur Servien pour l'avoir desobligé et qu'il avoit esté cause de sa disgrace dont, Monsieur de Chavigny adverti, dit cent pouilles de Boisrobert, trouvant fort mauvais qu'il voulust non seulement partager avec luy l'avantage de la disgrace de Monsieur Servien, mais encores de se l'attribuer tout entier. (44)

[Here we return to the foliotation of CCC 136]

[508] Sublet  (45)

Francois Sublet sieur de Noyers Parisien tiroit origine d'une bonne famille de Bloys habituee a Paris depuis plusieurs années, Pierre Sublet son pere seigneur de la Guichonniere estoit secretaire du Roy et Maistre des Comptes a Paris qui porté de devotion se fit religieux au couvent des Chartreux de Paris ou il est decedé aagé de 82 ans.

Francois Sublet sieur de Noyers fut pourveu le 8 octobre 1623 de l'office de Conseiller Nottaire et secretaire du Roy du college des cinquante quatre par la resignation de Nicolas le Pelletier et garda cest office jusques au 25e May 1633 qu'il le resigna a Maistre Pierre Roussel.

[508v] Il fut choisy our estre commis du sieur Champigny surintendant et controlleur general des finances duquel il estoit parent et tous deux de Cardinal de Richelieu.

Le sieur de Noyers s'acquitta de cest emploi en sorte qu'il fut faict intendant des finances en l'année 1624 en la place de ......... le Beauclerc faict secretaire d'estat au lieu du sieur de Puisieux, Monsieur de Feuquiers contracta amitié tres estroitte avec lui, et comme Monsieur de Feuquieres estoit tres particulier ami du Pere Joseph, il se joignirent ensemble pour le mettre tousjours de plus en plus aux bonnes graces de Monsieur le Cardinal, affin que dans l'occasion il fust emploié aux affaires d'estat ainsi qu'il arriva par la disgrace de Monsieur Servien au lieu duquel il fut faict secretaire d'estat avec le departement de la guerre, Le Roy [509] luy ayant donne cette charge gratuitement.

Les lettres de provision accordees a Monsieur de Noyers sont en ces termes.

Donnons et octroyons la charge et office de nostre conseiller en nos conseils et secretaire de nos commandemens et finances que souloit tenir et exercer le sieur Servien qui s'en est volontairement desmis en nos mains et dont il est tenu de fournir acte de demission dans le temps qui luy a esté par nous prescrit pour ledict office avoir tenir et doresnavant exercer etc.

Les lettres de provision sont dattées a Paris le 16e febvrier 1636.

Le sieur de Noyers presta le serment entre les mains du Roy le lendemain 17 jour de fevrier qui fut receu par le sieur de Lomenie secretaire d'estat. [509v]  Monsieur Servien eut iii c[ent] m[ille] lt de recompense que le Roy luy fit payer des deniers de l'espargne.

Outre la charge de secretaire d'estat dont le Roy gratifia le sieur de Noyers, il acquit de Madame de Luxembourg la seigneurie de Dangu en Normandie pour iii c[ent] m[ille] lt qu'il luy donna aussi gratuitement, il luy avoit auparavant donne ...........................................................................................................

Le Cardinal de Richelie estant decede a la fin de l'annee 1642 le sieur de Noyers s'imagina que la volonté du Roy estoit changée et qu'il ne le consideroit plus qu'avec deffiance. Le chagrin le prit de sorte qu'il se resolut de faire retraicte et ne se plus mesler des affaires de la Cour dont il demanda permission au Roy qui enfin la luy accorda.

[510] Quelques uns voulurent interpreter son dessin d'une autre facon et dirent qu'il demanda permission de se retirer se jugeant absolument necessaire pour la conditte de l'Estat affin de donner plus d'envie au Roy de le retenir et luy en faire avoir obligation, sur quoy il insista longtemps, le Roy tesmoignant ne le pas desirer et l'en ayant mesme refuzé.

Enfin il obtint son congé et quitta incontinent Paris et s'enferma dans sa maison de Dangu ou du commencement il ne voulut veoir personne et ne l'aissa pas mesme a ses amis la liberté de parler a luy, considerant sa solitude comme la seule felicité detestant la cour et ses employs comme le suject de toutes sortes de miseres et de la perte certaine de ceux qui s'y attachent protestant de ne se plus mesler des affaires d'estat. Cepandant le Roy jetta [510v] les yeux sur ceux qui estoient dans les employs affin d'en choisir quelqu'un qui peust remplir la place du sieur de Noyers. Monsieur le Cardinal Mazarin, des advis duquel le Roy se servoit, avoit cognêu en Italie Monsieur le Tellier lors intendant de la justice en Piedmont, il jugea qu'il estoit capable de cette fonction puisqu'il avoit exercé quantité d'autres charges dont il s'estoit dignement acquité et le proposa au Roy qui l'eut agreable et le manda.

Aussytost qu'il fut arrivé l'on demanda la demission au sieur de Noyers qui avoit tesmoigné ne desirer rien plus que d'estre deschargé neantmoins il trouva des difficultes qui l'empescherent de le bailler sur quoy le Roy pour ne retarder les affaires d'estat fit expedier a Monsieur le Tellier une commission pour exercer ladicte charge [511] de secretaire d'estat a Sainct Germain en Laye le 13 apvril 1643 et receut son serment le 4e may 1643.

Le Roy deceda dix jours apres ce qui causa un grand changement dans les affaires tous ceux qui avoient esté esloignes de son vivant ou s'estoient retires demanderent et obtindrent leur restablissement, le sieur de Noyers escrivit a la Royne regente et a Monsieur le Cardinal Mazarin sur ce subject et sortit de Dangu et vint a Paris et de parolles comme il avoit desja faict par escrit donna des asseurance du desir qu'il avoit de continuer son terme.

Quelques un luy representerent qu'ayant tousjours tesmoigné beaucoup de devotion et d'affection pour la solitude l'on s'estonnoit qu'il vouloit s'embarquer tout de nouveau avec des gens [511v] dont il n'estoit pas asseuré, et que ce qui sembloit fort estrange estoit la protestation qu'il avoit faict en se retirant de ne se plus mesler d'affaires. Il respondit a cela que la devotion estoit partout ou l'on servoit dieu et que la vraye solitude se rencontroit dans le plus grand embaras des affaires quand l'on ne s'y attachoit point par inclination et qu'ainsy il ne changeoit point de dessein.

Pour ce qui est de la protestation qu'il avoit faicte de ne plus servir, il avoit entendu du regne du roy Louys xiii lequel estant decede il pouvoit sans entraindre sa parole servir le Roy Louis xiiii son fils.

Cette explication ne luy concilia pas la bienveillance des nouveaux ministres au contraire il se deffierent que son empressement pour rentrer dans les affaires d'estat n'estoit que [512] pour s'en rendre le maistre, ce fut pourquoy ils ne luy donnerent aucune esperance de restablissement, et perseverent a luy demander sa demission, qu'il refusa tousjours opiniastrement.

Monsieur le Cardinal Mazarin luy fit proposer par Monsieur le premier president Molé de lui donner iii c[ent] m[ille] lt de recompence et d'autant qu'il estoit en disposition de se mettre dans les ordres de l'Eglise, il luy fit cognoistre que la Reyne ayant de l'affection pour luy vouloit luy donner l'archevesché d'Aix pour servir Dieu et y passer le reste de ses jours, non par recompense mais pour un tesmoignage de sa bonne volonté.

Le sieur de Noyers ne voulust escouter cette proposition, s'imaginant que ses interests ne luy estoient pas conservés et qu'uau moins il devoit avoir iiii c[ent] m[ille] lt d'argent pour sa charge autant [512v] comme la Reyne en avoit donné a Monsieur de Chavigny pour le recompenser de la sienne. Il demeura quelque espace de temps sans voir Monsieur le Cardinal durant lequel ses amis demanderent en son nom qu'il pleust a la Reyne luy donner l'archevesché de Rouen dont l'archevesque n'estoit point en volonté de se defaire, proposition trouvée et esloignée d'apparence que Monsieur le Cardinal jugea qu'il n'y avoit point d'accommodement, ce fut pourquoy la Reyne commanda que sans demander davantage la demission du sieur de Noyers comme superfluë l'on expediast des provisions au sieur le Tellier ce qui fut faict au mois d'apvril 1645 les lettres portent, que le Roy pourvoit le sieur le Tellier de l'office de secretaire d'estat et ledict office vaccant par la demission volontaire que ledict sieur des Noyers en avoit faicte ez mains du Roy Louys xiii [513] pour se retirer a la campagne ensuitte du congé que le Roy luy en avoit donné apres l'en avoir instemment supplié, ladicte charge estant en la plaine disposition de sa Majesté au moyen de remboursement faict au sieur Servien du prix dudict office des deniers de l'espargne, duquel office ledict sieur de Noyers avoit esté pourveu gratuitement. Ces lettres furent executées et le sieur de Noyers hors d'estat d'estre plus recherché. Neantmoins l'esperance luy restoit tousjours de tirer sa recompense qu'il croyoit que Monsieur le Tellier seroit tousjours prest de luy bailler pour asseurer la charge en sa famille dont Monsieur le Tellier ne s'esloignoit pas beaucoup. Mais la mort le prevenant le retira de ce monde en sa maison de Dangu ou il ne fut malade que ............ jours estant deceddé au mois d'octobre 1645 laissant ses charges d'Intendant des bastimens du Roy, (46) de concierge de Fontainebleau, et celle de secretaire [513v] d'estat en la disposition entiere de sa Majesté qui pouvant en disposer entierement, en a conservé partie au sieur de la Boissiere fils dudict sieur de Noyers, et ayant faict changer la provision de la charge de secretaire d'estat du sieur le Tellier du mois d'apvril 1645 en a faict expedier de toutes simples en sa faveur comme estant la charge vaccante par le deceds dudict sieur de Noyers.

[For the remainder of the transcription, we return to the foliotation of Ms. Fr. 18236.]

[137] Phelypeaux

Louis Phelypeaux sieur de la Vrilliere second fils de Raymond Phelipeaux conseiller du Roy secretaire d'estat et de ses commandemans et finances fut receu en la charge de secretaire d'estat le ............ et en presta le serment au Roy le ..............

Ce ne fut pas sans peine que Monsieur de la Vrilliere fut receu en la charge de secretaire d'estat apres le deceds de Monsieur d'Herbault son pere arrivé durant que le Roy estoit a Suze et vint a Privas en l'année .......................

Le Roy sceut a Suze la maladie de Monsieur d'Herbault et quelque temps apres l'on luy apprit son deceds.

Monsieur de la Vrilliere fils de Monsieur d'Herbault demanda a charge de son pere que le Roy luy refusa.

[137v] Il est bien difficile de scavoir pourquoy le Roy, Monsieur le Cardinal de Richelieu, Monsieur de Marcillac, Monsieur de Schomberg et les autres ministres d'Estat ne le voulurent agreer. Il y a lieu de croire que c'estoit pour ce qu'il avoit employé Monsieur de Toiras et lui avoit promis ii c[ent] m[ille] lt si par son credit et a sa recommendation il pouvoit obtenir du Roy la charge de secretaire d'estat.

Des lors Monsieur de Toiras estoit tiré en envie sa ruine avoit esté projettée en sorte qu'ordinairement ce qu'il proposoit au Roy estoit esloigné par sa seulle consideration.

Monsieur de la Vrilliere n'ayant plus d'esperance d'avoir la charge suivit le Roy pour voir ce que l'on ordonneroit de sa recompense de laquelle il esperoit sixante mil escus autant que Monsieur son pere en avoit baillé aux herittiers de Monsieur de Pontchartrain. Monsieur Bouthillier Secretaire d'estat qui estoit avec Monsieur le Cardinal favorisoit Monsieur de la Vrilliere auant qu'il luy estoit possible pour changer son aversion et le luy faire agreer. Une occasion non preveue fit resoudre Monsieur le Cardinal a le nommer au Roy et le faire agreer affin que Monsieur de Marillac n'eust pas l'advantage de mettre quelqu'un de ses amis en ceste charge.

Le Roy estoit a ........................ ou Monsieur le Cardinal ne l'avoit pas encores suivi et estoit a ............. d'ou il envoya vers le Roy Monsieur de Chasteauneuf pour luy communicquer de quelque affaire important, lequel estant en la chambre du Roy avec Monsieur le garde des seaux de Marcillac et Schomberg [138v] faisoient pour leurs admis Monsieur de Marillac nommoit Monsieur Molé lors procureur general au parlement de Paris et depuis premier president, et Monsieur d'Almeras Maistre des comptes affin que le Roy choissit celuy qui luy seroit plus agreable. Monsieur de Schomberg nommoit Monsieur de Cercelles de Neufbourg, lequel le Roy agreoit plus que Messieurs Molé et d'Almeras. Monsieur de Chasteauneuf estant de retour pres de Monsieur le Cardinal luy fit recit de la brigue de Monsieur de Marillac et la proposition de Monsieur de Schomberg, dont n'estant pas content il ne songea plus tant a choisir une personne selon son desir ainsi qu'il avoit fait incontinent apres le deceds de Monsieur d'Herbault comme d'empescher que ceux qui auroient cette charge en eussent l'obligation d'autres qu'a luy, il ne trouva pas aussi qu'il y eust apparence de faire une nouvelle proposition [139] au Roy, qui reconnoistroit incontinent ce que seroit seulement pour n'estre pas de mesme sentiment que Monsieur de Marillac et de Schomberg qu'il n'approuveroit pas l'une des trois personnes qui luy avoient esté proposées. Ce fut pourquoy il escouta plus qu'il n'avoit faict Monsieur Bouthillier qui luy parloit tousjours en bonne part de Monsieur de la Vrilliere, et en dit quelque chose a Monsieur de Chasteauneuf apres qu'ils furent arrivés à Privas ou estoit le Roy et toutte la cour.

Monsieur de Chasteauneuf ayant rencontré Monsieur de la Vrilliere qui pensoit qu'a tirer recompense de la charge pour sa famille et ne croyoit plus qu'il y eust lieu de songer a l'avoir pour luy le surprit fort quand il luy dit qu'il seroit secretaire d'estat et qu'il voyoit touttes choses s'y disposer, il le remercia de ces [139v] bonnes nouvelles et le pria de l'y assister comme il fit, durant touttes ces intrigues et ces esloignemens plusieurs estimerent que l'on avoit jetté les yeux sur Monsieur de Chasteauneuf, et que le Roy luy avoit donné cette charge a condition de donner soixente mil escus aux herittiers de Monsieur d'Herbault, ce qui n'estoit pas veritable, Monsieur de Chasteauneuf ayant il y avoit longtemps perdu la pensée d'entrer en cet emploi, aussi parla il pour Monsieur de la Vrilliere et contribua beaucoup pour le faire agreer. Ainsi Monsieur le Cardinal disposa le Roy a donner la charge de secretaire d'estat de Monsieur d'Herbault a Monsieur de la Vrilliere son second fils qui n'en paya aucune choze sinon la recompense qu'il donna a ses freres et soeurs, de laquelle ils s'accordernt entre eux.

[140] le Tel

Michel le Tellier sieur de Chasville, né a Paris, petit fils de Michel le Tellier Conseiller du Roy et maistre en sa chambre des comptes de Paris et de Perrette Locquet (47) sa femme et fils de Michel le Tellier conseiller du Roy en sa cour des aydes de Paris (48) et de Claude Chauvelin.

Il fut receu conseiller au grand Conseil en l'année ........ puis procureur du Roy au Chastelet de Paris en ............. Il se deffit de cette charge et fut pourveu de celle du Maistre des requestes en l'annee 1638 au lieu de Messire Louis de Machault en laquelle il a eu divers employs importants, en l'année ......... il fut faict intendant de la justice police et finances de l'armée du Roy en Piedmont commendee par Monsieur ........ en laquelle Monsieur le Cardinal Mazarin avant sa promotion [140v] au cardinalat se trouva obligé de demeurer pour la negotiation de quelques affaires importantes, ou il reconnut l'esprit de Monsieur le Tellier capable de plus grand employ. (49)

Apres le deceds du Cardinal de Richelieu le Roy Louis xiii tesmoigna au Cardinal Mazarin qu'il desiroit prendre ses conseils sur les affaires qui se presentoient, et comme le sieur des Noyers secretaire d'estat eust insisté pour obtenir permission du Roy de se retirer et ne se plus mesler des affaires publiques, le Roy le luy ayant enfin permis demenda l'advis a Monsieur le Cardinal de celuy qu'il jugeoit pouvoir porter le faix des affaires que le sieur des Noyers avoit abandonnees, Monsieur le Cardinal Mazarin proposa le sieur le Tellier lors intendant de l'armee en Italie et Piedmont lequel le Roy agrea, et luy manda [141] qu'il se rendist incontinent pres de luy, ce qu'il fit et receut la commission pour exercer la charge de secretaire d'estat jusques a ce qu'il en eust ses provisions sur la demission de Monsieur des Noyers qu'il n'avoit pas encores donné, ladicte commission est dattée de sainct Germain en Laye le 13 jour d'avril 1643 et le serment presté au Roy le 4 may 1643. Il se desmit de sa charge de Maistre des requestes en faveur de Francois du Gué qui avoit espousé la soeur de pere de sa femme lequel en fut pourveu le 4 juillet 1643.

Le sieur des Noyers ayant faict difficulté de bailler sa demission soit dans la pensee de renterer en exercice ou a quelque autre dessein l'on luy fit diverses propositions de recompense ce que n'ayant voulu accepter, le Roy fit expedier des lettres soubs le nom du sieur le Tellier en datte du mois d'avril 1645 par lesquels il le [141v] pourveut purement et simplement de la charge de secretaire d'estat du sieur des Noyers comme vaccante par la demission volontaire qu'il en avoit faicte es mains du Roy Louis xiii pour se retirer a la campagne ensuitte du conge que le Roy luy en avoit donné apres l'en avoir instemment suplié, ladicte charge estant en la plaine disposition de sa Majesté au moyen du remboursement du prix d'icelle des deniers de l'espargne qui en a esté faict au sieur Servien, et de laquelle charge ledit sieur des Noyers avoit esté pourveu gratuitement. Ces lettres ainsi expediées furent changées quelques temps apres par le deceds du sieur des Noyers arrivé le .............. par le moyen duquel la charge estant vaccante, l'on supprima ce qui avoit esté faict auparavant et le sieur le Tellier fut pourveu de la charge de secretaire d'estat dont la Reyne luy fit don, et le fils de Monsieur des Noyers n'en eut aucune recompense. Les dernieres lettres de provision sont dattées du ............

Lomenie (50)

Le deceds du Roy Louis xiii changea les affaires de la Cour plustost par le remords de la conscience (51) des particuliers qui avoient esté employés contre la Ryne (qui par precaution se voulurent retirer), (52) que par aucun dessein qu'en eust la Reyne qui ne pensoit qu'a s'affermir en sa regence par les moyens les plus doux et les plus faciles sans innovation. Entre ceux qui se deffierent le plus du gouvernement presents (53) furent Messieurs Bouthillier pere et fils l'un surintendant des finances et l'autre secretaire d'estat ayant le departement des estrangers, (54) le plus important et honorable de tous les autres departemens [142v] des secretaires d'estat.

Monsieur le surintendant demanda le premier d'estre deschargé du maniement des finances ce qui luy fut facilement accordé, pour donner cet employ a Messieurs le Bailleul et d'Avaux. Monsieur de Chavigny son fils, s'imagina qu'il devoit faire le semblable, et pria la Reyne d'avoir agreable qu'l remit sa charge de secretaire d'estat entre ses mains.

La Reyne qui avoit promis a Messire Henry (55) August de Lomenye Comte de Brienne de luy donner une charge de secretaire d'estat pour reconnoistre les bons offices qu'il luy avoit rendus en sa plus grande persecution du vivant du Cardinal de Richelieu accepta l'offre du sieur de Chavigni et promit de luy donner iii c[ent] m[ille] lt de recompense en baillant sa demission. Les amis du sieur de Chavigny n'approuverent son action, et luy persuaderent de faire son possible pour retirer sa parole, il employa a cest effect l'authorité de Monsieur le Duc d'Orleans duquel il estoit Chancelier auquel l'on avoit voulu faire croire que Monsieur le Comte de Brienne avoit avec dessein negligé de luy rendre ses devoirs en ceste croyance Monsieur tesmoigna a la Reyne quelque mescontentement qui retarda l'execution de la parolle de Monsieur de Chavigni, sans fruit neantmoins pour luy, d'autant que Monsieur le Duc d'Orleans ayant esté satisfaict du procedé de Monsieur le Comte de Brienne tesmoigna a la Reyne qu'il estoit satisfaict et tres content du choix qu'elle avoit faicte, il demand seulement que la recompense de Monsieur de Chavigni fust augmentée, ainsy Monsieur de Chavigny n'eust plus a contester que sur le prix, il demanda c[ent] m[ille] lt davantage que la Reyne ne luy avoit [143v] promis, ce qui luy fut accordé et receut la somme de iiii c[ent] m[ille] lt des deniers de Monsieur de Brienne moyennant le payement de laquelle il bailla sa demission, et Monsieur le Comte de Brienne fut de nouveau pourveu de la charge de secretaire d'estat et ses lettres expediées le ............ et le serment presté le ................

Le Reyne avoit donné gratuitement a Monsieur le Comte de Brienne la charge de secretaire d'estat de Monsieur de Chavigni, mais la necessité de l'estat en a empesché l'effect, Monsieur de Brienne a payé la charge de ses deniers, la Reyne luy a seulement promis de le rembourser des premiers deniers desquels elle le pourroit (56) faire hors la necessité de ses affaires.

Encores que Monsieur le Comte de Brienne eust esté pourveu d'une [144] autre charge que la sienne, qu'il y eust eu interruption en l'exercice de la charge de secretaire d'estat et qu'il eust presté nouveau serment neantmoins Messieurs les secretaires d'estat ses confreres le traitterent avec tant de civilité qu'il reprit le mesme rang de premier secretaire d'estat qu'il avoit avant que s'estre deffait de sa charge en faveur de Monsieur de Guenegaud, et en a joui sans contestation jusques a present, 1647.

 

Notes

35. At this point in CCC 136 (fols. 494-97) the article on Phelypeaux is inserted.

36. CCC 136 reads preveu, a more appropriate word.

37. CCC 136 reads peust, a more appropriate word.

38. CCC reads l'offre, but 18236 reads l'office (which does not agree with the participle faitte).

39. This paragraph is to be found, at this point, in Cange 4591.

40. Ms. Fr. 18236 reads possible, but CCC 136 reads impossible.

41. Ms. Fr. 18236 reads ils, while CCC 136 reads il, which appears to be correct.

42. Ms. Fr. 18236 reads M. de Secretaire.

43. CCC reads clearly poétiques (fol. 505v).

44. At this point, there is a note in Cange 4591: Quelque diligence que j'aye faicte pour avoir les vers de Monsieur de Boisrobert il n'a esté absolument impossible de les recouvrer.

45. At this point in Ms. Fr. 19236, the text goes directly to Phelipeaux de la Vrillière, who in CCC 136 appears between Beauclerc and Servien. Iin CCC 136 the entry for "Noyers" is on fols 508-513.

46. Cange 4591 reads Louvre instead of Roy.

47. Her name is missing in CCC 136.

48. The italicized words are not in CCC 136.

49. CCC 136 reads des plus grands employs, a very different connotation.

50. It is interesting to compare this article with the one quoted earlier from Cange 4591 (see above, note 25). The entry in Ms. Fr. 18236 is almost identical to 4591. The words that are italicized in the above text suggest the nuances between the different versions.

In 4591, the account of how Loménie de Brienne was returned to office appears in two versions: one before the sketch of Loménie's career, and the other at the end of the manuscript (as in Ms. Fr. 18236 and CCC 136). It is noteworthy that the version inserted into the Loménie presentation begins much like fol. 142 of Ms. Fr. 18236, and that the rest of the passage is elaborated upon slightly and a few facts are change - for example, sums of money. On the other hand, the version at the end of 4591 is very close to that in CCC 136. Most changes involve omitted words, modernization of style, and so forth. Still, Ms. Fr. 18236 has a few sentences that differ noticeably from the other two manuscripts.

51. In the place of the italicized words, CCC 136 reads la deffiance.

52. The italicized parenthetical remark is found in CCC 136.

53. The italicized words are those of CCC 136: Ms. Fr. 18236 reads: s'esfaroucherent d'avantage.

54. CCC 136 reads: departemen des secretaires d'estat: the copyist seems to have jumped to the final words of the paragraph.

55. Henry is not in Ms. Fr. 18236.

56. CCC 136 reads pouvoit.