Panat in postcardThe Ranums'

Panat Times

Volume 1, redone Dec. 2014

Contents

Volume 1

Panat

Orest's Pages

Patricia's Musings

Marc-Antoine

Charpentier

Musical Rhetoric

Transcribed Sources


 

Le Livre de la paroisse de Saint Julien de Panat commencé en 1836

Pages 1-6

Retournez à l’Introduction pour choisir une autre partie du manuscrit

Notez: Les numéros de page sont indiqués entre crochets

Livre de la paroisse

de

Saint Julien de Panat

commencé

en 1836

___________

A. M. D. G

[tampon: "Paroisse de St. Julien de Panat, diocèse de Rodez" avec, au centre, l'image de sainte Anne.]

[1] "L'église de Panat, située dans le canton de Marcillac, arrondissement de Rodez, est fort ancienne, et sa fondation date de plus de huit cents ans," écrivait Monsieur le comte d'Adhémar en 1808 à [Guillaume Baltasard Cousin de Grainville] l'évêque de Cahors. Il y a apparence qu'elle était primitivement une chapelle du château, et que plus tard on l'a allongée pour en faire une église paroissiale.

Cette paroisse à la quelle était autrefois réuni le village de Fijaguet, comme il conte par la tradition orale et par la dîme qu'y prélevaient jadis les curés de Panat, se compose aujourd'hui (1837) des villages et hameaux suivants: Panat, L'issalinie, Serres, La Rivière, Montfranc, Calzins, Le Bac, La Frégière, La Bouriote, Roade, Lacas, Las Porros, La Neirague, Les Truels.

Il y avait autrefois un autre hameau appelé La Roucairie, situé sur la plaine d'Auribal tout près du bois, dont il n'existe plus de traces.

Le château de Panat, adossée [à] l'église, couronne le sommet d'un monticule isolé qui s'élève du fond de la vallée et ne tient au massif de la montagne que par une étroite langue de terre. Le village est bâti en amphitéâtre sur un des versans et regarde Cassagnes, situé sur le coteau opposé.

C'est en vain qu'on chercherait à Panat le château féodal, dont les anciens titres et la tradition disent la force et la grandeur, qui fut si long-temps peuplé de chevaliers et dont les maîtres n'avaient point leurs pareils en puissance à plusieurs lieues à la ronde. Des remaniemens successifs et multipliés en ont fait un château moderne, sans intérêt pour l'art ni pour l'histoire. [2] Il ne reste de l'ancien édifice que quelques pans de murailles, de tronçons de tours et une petite maison byzantine remarquable pour l'archivolte natée de sa porte en plein ceintre, le cordon finement sculpté qui règne au dessus des fenêtres et les [cor]dons fantastiques des croisées. Dès 1567 le manoir primitif était fort délabré, car le sénéchal de Rouergue rendit cette année une ordonnance au sujet des impositions qu'il convenait de faire pour le réparer. Il y a tout lieu de croire que les principales modifications eurent lieu sous les premiers seigneurs de la maison d'Adhémar.

De tout temps les propriétaires du château de Panat ont répandu leurs bienfaits sur l'église de Panat. Entr'autres, ils ont fait confectionner (en 1783) les deux autels de Notre Dame et de Sainte Anne, lui ont fait don d'un bénitier en marbre, de vases sacrés et d'une rente annuelle de cent francs, sans compter deux fondations pour messes à perpétuité, l'une de cent francs et l'autre de cinquante.

Jusqu'à l'époque de la révolution de 1792, l'église de Panat fut desservie par des curés à la congrue, (1) qui étaient à la nomination du chapitre cathédral de Rodez. Après avoir été érigée en succursale (2)

le premier messidor an XI (20 juin 1803) par ordonnance de Mgr l'évêque de Cahors, à la quelle se trouve jointe la note suivante: "Le territoire de cette succursale comprend l'ancienne paroisse et le village de Serres, désuni de Valady." Elle fut supprimée en 1808 avec bien d'autres dans le diocèse et réintégrée au mois d'octobre 1820.

[3] Le 4 messidor, an IV de la République française, le presbytère de Panat fut vendu, avec les immeubles qui en dépendent, aux citoyens Constant et Acquier. Voici l'acte de vente:

"Nous administrateurs du départment de l'Aveiron, pour et au nom de la République française, en présence et du consentement du commissaire du Directoire exécutif, avons par ces présentes rendu et délaissé dès maintenant et pour toujours au Citoyen Joseph Constans, propriétaire, et au Citoyen Jean Acquier cadet père, marchand, habitant de la commune de Rodez, ici présents, et acceptant pour eux et leurs héritiers ou ayant cause, les domaines nationnaux dont la désignation suit. Les dits Constans et Acquier, soumissionnaires sous la date du 25 floréal dernier, no 11 et 79 du premier registre de l'enregistrement des soumissions, pour éviter le tirage au sort ont demeuré d'acord de se diviser les biens soumissionnés, ainsi qu'il sera expliqué dans le présent acte. Savoir:

Au Citoyen Constans acceptant 1o un chenevier [lire: "chenevière"] situé à Panat de contenance de vingt huit perches et demi, confrontant du levant avec patus du Citoyen Mazars et terre du Citoyen Lacombe, du septentrion avec pré du dit Mazars, du midi avec rue publique, du couchant avec terre de Foulquier et pré de Constans; 2o un pré au dit Panat, terroir de Prat Demis, contenant 40 perches et demi, confrontant du levant avec chemin de Panat à La Rivière, du midi avec pré du Citoyen Riols, du couchant avec pré de Doumergue, et du septentrion avec pré de Constans; 3o la maison ci devant presbytérale de Panat, consistant en deux écuries, deux chambres par dessus, autres deux chambres formant le second étage, un petit cabinet et un galetas, contenant en sol dix huit cannes ensemble, une loge à cochon avec volailler par dessus contenant une canne trois quarts situé au devant de [la] dite maison vendue sous la condition expresse contenue dans l'acte du 5 mai 1646 retenu par Rocagel, notaire, [4] dont l'expédition a été remise [?] avec une pétition de l'administration municipale de Clairvaux répondu favorablement, la quelle condition consiste à laisser la faculté de tenir les assemblées communales quand il y aura lieu, et vaquer à toutes les affaires de la commune dans une chambre du second étage, et à cet effet d'en remettre les clefs aux officiers où agents de la commune, lorsqu'ils les demanderont, ainsi qu'il en a été usé jusqu'à présent.

Et au Citoyen Acquier acceptant, un pré situé au dit Panat, terroir de La Julienne, contenant trente perches, confrontant du levant avec autre pré de Palayret, du midi avec pré de Garrigues, du couchant avec jardin de Panat et jardin de Capely, du septentrion avec terre de Ginestet et de Domergue. Plus une vigne au dit Panat, terroir de La Peyrières, contenant deux journées et demi et cinq perches, confrontant du levant avec vigne d'Arsaud et de Causse, [du] midi avec chemin de Panat à la Frégière, du couchant avec vigne de Garabuau et du septentrion avec vigne du dit Causse.

Les dits biens dépendants de la ci devant cure de Panat, appartenant à la République comme provenant d'un établissement supprimé, jouis en 1790 par le ci devant curé et imposés au rôle de la contribution foncière de la commune de Panat pour 1793 à la somme de treize livres six sols deux deniers, évalués conformément à l'article VI de la loi du 28 ventôse par le procès verbal d'estimation du 30 floréal des citoyens Ferrieu, expert nommé par les soumissionnaires, et Citoyen Palmiez, expert nommé par déliberation du dit département le 26 floreal dernier, savoir:

le 1er article est revenu net à la somme de 12 livres, cy ...........................12 lt

Le 2e est revenu net à la somme de ......................................................12 lt

Et en capital multiplié par vingt deux à celle de ......................................528 lt

Et la maison, eu égard à la servitude, au revenu net de ...........................12 lt

[5] Et le capital à celle de .................................................................216 lt

Total des biens vendus au Citoyen Constans..........................................216 lt

Le pré adjugé au Citoyen Acquier au revenu net de ..................................8 lt

Et la vigne aussi en revenu net de ........................................................30 lt

Et en capital celle de.........................................................................836 lt

Pour les objets vendus au Citoyen Acquier: Les dits biens sont vendus avec leur servitudes actives et passives francs de toutes dettes, rentes foncières constituées et hypothéquées, de toutes charges et redevances quelconques pour les acquéreurs entrer en propriété, possession et jouissance à compter de ce jour; les fermages de la récolte de l'an IV devant être partagés suivant la loi, et ceux des précédantes à quelques époques que les termes en soient échus ou doivent échoir restant réservés à la nation. Cette vente est faite moyennant la somme de sept cents quarante quatre livres pour les biens vendus au Citoyen Acquier, calculée conformément à l'article de la loi du 28 ventôse, que l'acquéreur promet et s'oblige sous l'hypothèque spéciale et privilégiée des biens sus-vendus et générale de tous ses biens meubles et immeubles, présents et à venir, payer à la République entre les mains du receveur des domaines nationnaux de Rodez en mandats territoriaux ou promesses de mandats, savoir moitié dans la décade de ce jour, et l'autre moitié dans les trois mois, fait et lu en [l']adminstration départementale en présence des acquéreurs qui ont signé avec nous, administrateurs, le suppléant du commissaire et le secrétaire en chef, Constants, Acquier, Cabrières président, B. Fabre, Lacombe, Delpech pour le commissaire et Laville, secrétaire. Signés à l'original == pour copie conforme, Cabrières président, Laville secrétaire en chef."

[6] Par acte du vingt quatre janvier mil huit cents vingt un, M. Constans Joseph rétrocéda à la commune de Panat le presbytère au prix de neuf cents francs.

Notes:

1. Le congru était "la somme que les gros décimateurs sont obligez de fournir ou de suppléer aux curés qui n'ont pas assez de revenu pour desservir leurs cures," Dictionnaire de l'Académie française, 1694.

2. "Succursale: une église qui sert d'aide à une paroisse: Ce n'est pas une Paroisse, ce n'est qu'une Église succursale," Dictionnaire de l'Académie française, 1762.